Tralala


Histoire de la maison

​​Les maisons parlent, les murs ont des oreilles. C’est surtout vrai pour la maison du restaurant Tralala. Ses occupants ont laissé des traces dans notre mémoire collective.

Selon le compte de taxes municipales de cette municipalité, la construction de la résidence remonterait à 1880. Pourtant, l’acte de vente de 1893 indique que Charles Bazinet, commerçant de lait de Saint-Jean-de-Matha, vendit le terrain à Alfred Joly, cultivateur du même village. Il n’est nullement question d’une maison sur la copie notariée. Tout porte à croire que Joly l’aurait lui-même construite, beaucoup plus modeste que la résidence actuelle. En effet, en 1907, monsieur Joly ajoutait la mention, menuisier sur l’acte de vente de sa maison et des bâtiments alors précisés. L’acquéreur, le sellier Joseph-Rodolphe Desrosiers, marié à Rose-Alma Roy, s’y installa pour quelques années. Deux de leurs filles, Aline et Lucienne, y seraient nées. Joseph-Rodolphe se départit de la demeure familiale en 1912 pour établir son commerce au coin de la rue.

 
Le nouveau propriétaire, le Docteur Paul Allaire, pratiquait la médecine dans la paroisse depuis quelques années déjà. Le médecin, marié à Ernestine Roch, a eu plusieurs enfants dont cinq ont été baptisés à Sainte-Émélie-de-l’Énergie entre 1910 et 1918. À l’instar de quelques cinq ou six autres, cette maison de bois échappa aux flammes qui rasèrent le village en 1924. Le Docteur Allaire travaillait aussi à l’unité sanitaire à Joliette. Ces dernières fonctions le retenaient souvent à l’extérieur. Son épouse, Ernestine Roch, élevait ses enfants d’une main de fer, dit-on. Elle serait à l’origine des nombreuses transformations de la résidence. On lui devrait, entre autres, le 3e étage. Comme elle avait perdu ses plantes, elle fit isoler la véranda. Roger Beaudoin s’en souvient encore. Il a travaillé avec son père Olivier à la construction de la galerie avant. Madame avait  fait venir du «Bc Fir». Tous les planchers étaient en bois franc. Elle fit aussi ajouter un foyer. Celui-ci empiétait sur le terrain d’Émery Beaudoin. Pour quelque 500 dollars, le voisin toléra la cheminée et fit tasser sa clôture de deux pieds. Madame Allaire est décédée en juillet 1944.  Le docteur Allaire, lui, est mort en 1960 à l’âge de 80 ans. De leurs enfants, on se souviendra surtout de Lucien, l'ingénieur. Il avait épousé Blandine Bazinet, une institutrice de Sainte-Émélie-de-l’Énergie. On les voyait l’été avec leurs enfants Bernard, Danielle et André  qui ont su créer des liens avec les gens du village.

Puis, Henri Brunelle acheta la résidence en 1963 de Clémentine, la fille cadette du docteur Allaire. Monsieur Brunelle était marié à Ida Racette. Ils emménagèrent avec leurs enfants, Henriette, Monique et Réjean. Monsieur Brunelle possédait un don. Il était reconnu pour être capable d’arrêter le sang et la douleur causée par le feu. Nombreux sont ceux qui ont fait appel à lui, peu importe l’heure du jour ou de la nuit. Monsieur Brunelle était d’une très grande humilité et d’un grand dévouement. Après la mort de son épouse Ida en 1984, son fils Réjean fit l’acquisition de la demeure familiale. Avec sa conjointe Louise Hénault, ils s’y installèrent avec leurs filles Stéphanie et Catherine. Monsieur Henri vivait alors avec eux.

En 1998, quelque temps après le décès tragique de Réjean, Fernand Thériault, des entreprises funéraires F. Thériault, acheta la maison dont une partie servait déjà de résidence funéraire pour les gens de la place. Francine Thériault et Louis Lamontagne, qui gèrent maintenant l’entreprise familiale, se défont de la résidence en 2015.

Josée Beaudoin acquiert ainsi le 461 de la rue Desrosiers. Les murs retrouvent leur aspect initial. Les fenêtres sont dégagées. La maison est magnifique. Le restaurant Tralala ouvre ses portes en juin 2016.  On

y offre une cuisine exceptionnelle dans une ambiance chaleureuse.​​